aussieBienvenue sur le blog de Cueca (aka Cyrène Black du Paradis Sauvage de Menestruel), ma chienne Berger Australien (Aussie). Cueca est née le 23/08/07 à l'Elevage du Paradis Sauvage de Menestruel dans l'Ain.

Cueca est, ce qu'on peut appeler, un "Versatile Aussie" car, comme vous le découvrirez au fil des pages de ce blog, Cueca est une chienne très polyvalente qui prend plaisir à me suivre pendant mes promenades, randonnées et voyages à cheval mais qui se débrouille aussi pas mal à l'obédience et en agility, obtient quelques résultats en exposition, aime à travailler le troupeau et s'essaye de temps à autre à la traction.

Ce blog est depuis début 2011, aussi, celui de ses filles nées "chez moi" le 13/12/2010: Folksong-Blue-Araucan aka Folk. C'est une espiègle bleue merle avec beaucoup de noir et de jolis yeux vairons qui suit dignement et sportivement, les traces de sa mère !aussietrot et Festive-Black-Santiago aka Festive, my "little black beauty", que je n'ai pu me résoudre à laisser partir de peur de m'en mordre les doigts !!!

Bonne visite


banniere_maladie_chien

13 octobre 2011

Positive attitude

horsewhispererVoici un petit essai (non comparatif) sur ce qu'on appelle les méthodes positives, la méthode naturelle; on entend même parfois les noms de méthodes "éthologiques" voire de "chuchoteurs".

Dans la "canine", les pionniers du genre en France sont Joseph Ortega et son école du chiot© (Il est aussi éleveur de Bergers Australiens sous l'affixe de la Villa Loubet et fondateur de l'AIBASU), Catherine Collignon (Animalin). Mais il est intéressant de noter que ce phénomène est assez nouveau dans le monde du chien. Cet engouement pour les méthodes naturelles a d'abord commencé dans le monde du cheval. A la fin des années 90, un film très romancé basé sur la vie de Buck Brannaman (un "nouveau maître") arrive sur nos écrans, il s'agit de "L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux" (joli film certes mais si vous voulez vraiment en savoir plus sur Brannaman, je vous conseille plutôt celui-là: Buck). Bref... La France équestre découvre alors le "chuchotage", l'équitation éthologique, bref, une équitation de bon sens....

Bon, à ce stade de cet essai, vous vous demandez où je veux en venir, pourquoi elle parle de chevaux sur son blog de chiens.... Bizarre, hein?

Premier élément de réponse: Avant d'être une femme de chiens, j'ai été (et suis toujours) une femme de chevaux, a horse(wo)man. 25 ans presque (^^) que je monte, éduque et randonne avec les chevaux, presque 15 ans que je suis propriétaire !

Deuxième élément de réponse: je suis persuadée qu'il n'existe pas de "méthodes" qu'elle soit naturelle, éthologique ou autre, il existe surtout une philosophie de vie.

Cette philosophie de vie a surtout existé de par 2 hommes: Tom Dorrance (1910-2003) et son acolyte Ray Hunt (1929-2009). Ces deux hommes ont révolutionné la façon de voir les chevaux et on peut faire un parallèle de cet "american way-of-life" avec les chiens.

Une réflexion sur le vocabulaire employé alors pour débourrer un cheval:"to break a horse" (littéralement "casser le cheval") mué maintenant en "to start a horse" (débuter un cheval). Quand vous cassez un cheval (ou un chien), vous avez certes souvent un animal qui vous obéit bien (en principe) mais qui n'existe pas plus par lui-même, bref vous en faites un esclave; si vous le débutez, vous en faites un partenaire (de travail puisqu'en principe c'est sa première utilité - chien comme cheval) et là il bosse carrément mieux.

Dans la suite de mon propos, je vais souvent citer des phrases de ces 2 "maîtres" issus de leurs bouquins respectifs : True Unity de Tom Dorrance, traduit en français par mon ami comportementaliste équin, Antoine Cloux et L'homme et le cheval en harmonie de Ray Hunt.

Première citation tout à fait appliquable au monde canin (en fait, doit être appliquée !):

"Learning to Do Less to Get More" (apprendre à en faire moins pour obtenir plus) - T.D.

ChienC'est le nerf de la guerre en éducation canine et c'est souvent très difficile pour les novices d'appliquer ce concept (remarquez, même les plus avertis en situation de stress font revenir les bonnes vieilles mauvaises habitudes et croyez-moi, je sais de quoi je parle !). On a toujours tendance à trop en faire, que ça soit au niveau du geste ou de la parole. On gesticule, on multiplie les mouvements parasites et on sature le chien de paroles. Imaginez, vous êtes avec quelqu'un qui vous saoule de paroles insipides sur un ton monochorde, vous répondez oui-oui et rêvez secrètement de lui faire un doigt :) C'est donc cela qu'il faut apprendre pour bien communiquer avec les chiens: la communication verbale et non-verbale; être clair, net, précis, conscis et adapter le ton utilisé à la situation. Moins vous parlerez, plus vous serez écouté (et je l'espère aussi, entendu).

"Rendez lui difficile ce qu'il fait mal et facile ce qu'il fait bien" - R.H.

Le principe du confort vs l'inconfort ou une version revisitée du dyptique récompense/punition. Le principe est donc de conforter une attitude positive et de dissuader une attitude négative en mettant l'animal dans l'inconfort. Le but est donc de renforcer toutes les attitudes correctes du chien et d'ignorer ou de sanctionner par un inconfort toute attitude qu'on jugerait négative. L'éducation au clicker fait partie de ces méthodes positives; par contre à mon sens, il faut bannir tout ce qui est leurre. Le chien doit s'intéresser à son maître et non pas au leurre (croquettes, jouets qui ne doivent être que des récompenses pour un exercice ou une suite d'exercices bien effectué(s) ...). La méthode positive (notamment l'éducation au clicker) fait la part belle aux initiatives du chien... Ça tombe bien car c'est maintenant de cela qu'on va parler !!!

"Présentez lui les choses de la bonne façon et laissez le trouver par lui-même comment y répondre" - R.H.

stgeorge11L'initiative, un point très important à développer chez le chien, presque autant que le fixer sur soi. Le chien doit comprendre par lui-même ce qu'on lui demande. On dit souvent que les Aussies ont besoin de comprendre pour faire. C'est totalement ça qu'on va essayer de positiver. Le chien s'assoie par lui-même, on clicke, le chien cherche la cible, on clicke. Il va proposer et on va conforter ce comportement. Avoir un chien qui propose des initiatives est extrêmement intéressant notamment quand on "travaille" avec un chien en totale liberté (agility, troupeau). Après bien sûr, les initiatives vont parfois dépasser les simples exercices de base, ça peut être le fait de proposer un obstacle en agility (très utile pour la conduite à distance) ou de rechercher le trou dans la clotûre pour rejoindre son maître cavalier (évite d'avoir à descendre de cheval :) ) Mais il faut se rappeler que ce que le chien éxécute, c'est finalement implicitement nous qui lui avons demandé ;)
"Faites en sorte que votre idée soit son idée"

"Je veux juste qu'il fasse ce que je lui demande à sa façon et qu'il le fasse le mieux possible" - R.H.

Chaque chien, chaque maître est différent et progressera différemment. Mais l'important est d'y aller par étapes, on commencera par un exercice à la fois, puis on fera des enchaînement d'exercices. Dans le processus d'apprentissage, il y aura des hauts, des bas, des paliers mais normalement, on suit toujours une courbe ascendante, le principal étant que le chien se sente impliqué dans ces apprentissages.
Un proverbe amérindien dit "Tell me and I will forget, show me and I may remember, involve me and I'll understand" (Dis moi et j'oublierai, montre moi et je pourrai m'en rappeler, implique moi et je comprendrai).

"Il faut parvenir à construire une relation forte avec eux" - R.H.

HUMOURL'essentiel, la base ultime de tout travail, vous n'avez pas ça, vous n'avez rien. Avant d'apprendre à votre chien à s'asseoir, se coucher, revenir au rappel, marcher sur une patte ou aller chercher le journal, vous devez lui apprendre que vous êtes son "Dieu", enfin tout du moins son leader, un leader digne d'intérêt qu'on a envie de suivre. En gros, il faut parvenir à "fixer" son chien sur soi. Pour lui, rien d'autre n'est plus important que vous, son maître. C'est un travail de tous les jours, il faut instaurer une complicité, établir des règles de vie, féliciter quand vous obtenez son regard. Des petits exercices simples permettent aussi de travailler cela surtout lorsqu'on a l'occasion de s'entraîner en sous-bois au milieu des arbres [ceux qui m'ont déjà eu comme monitrice au club savent de quoi je parle!]. Vous êtes tout pour lui et vous pouvez alors travailler sur les 2 autres des 3 "D" de Paul Owens "The Dog Whisperer" et Jean Donaldson: distraction, durée, distance (ça y est vous venez d'enlever le 1er D)

Voici maintenant un extrait du livre de Ray Hunt qui va me permettre de faire la transition entre la relation maître/chien et la motivation (le mot [cheval] est original dans le texte, il peut évidemment par analogie être remplacé par le mot [chien]:"Ce que le [cheval] apprend, c'est qu'il peut éxécuter tout ce que vous lui demandez et y trouver du plaisir. Il est prêt pour ça, vous l'y avez préparé.
Vous ne l'avez jamais découragé ou rabaissé, mais, au contraire, vous l'avez encouragé et félicité pour ses qualités. Quand il s'est trompé, vous n'en avez pas fait toute une histoire. Au contraire, vous étiez à ses côtés pour lui montrer ce qu'il y avait à faire - vous ne vous êtes jamais acharnés sur lui. Ainsi de jour en jour, au fil des semaines, des mois, des années, vous avez construit une amitié inébranlable."

"Entretenez le désir chez votre [cheval], son envie de bouger et sa volonté de faire des choses." - R.H.

La motivation! ♪ ♫ ♪ ♫ Qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir envie ♫ ♪ ♪ ♫ En canine, quand on parle de motivation(s), on parle d'objet de motivation, c'est-à-dire ce qu'on appelle l'objet (jouet, boudin de ... motivation) ou la récompense (croquettes, paroles, caresses). Exercice réussi => motivation = renforcement positif.
Mais ce qui m'intéresse, c'est LA motivation. Elle peut être innée, c'est le fameux "Will to please" (l'envie de faire plaisir), il est précieux et il convient de l'entretenir; elle peut être acquise, il faut lui donner l'envie de faire ce qu'on attend de lui. Ce qui est important, c'est de donner de l'intérêt à l'exercice: un exercice facile, bien récompensé, pas de règles, pas de contraintes.

Mais si le chien est très motivé mais qu'il fait n'importe quoi, ça ne va pas ! Il va falloir contrôler cette énergie débordante et introduire des contraintes. Le problème, c'est que l'introduction de contraintes fait diminuer la motivation: c'est parce qu'il a très envie qu'il accepte les contraintes. Trop de contraintes = plus d'envie = chien qui ne fait plus rien (j'ai connu ça avec Cueca, c'est loin d'être facile à gérer). Alors il va falloir trouver le juste équilibre entre motivation et contraintes et cela nécessite de bien observer son chien et une grande précision dans l'entraînement mené. En fait, on ne cherche pas à être au juste équilibre, on cherche à ce que la motivation soit toujours un chouia plus élevée que la contrainte mais ni trop, ni pas assez. La motivation est productive, c'est le carburant pour faire marcher le moteur. La contrainte, c'est la pédale de frein. Ce qu'il y a, c'est qu'on a quand même du chemin à parcourir, donc il faut faire avancer la "voiture" et ne pas rester au point mort, donc il faut que la motivation joue le rôle de la pédale d'accélerateur!
Attention par contre, la motivation n'est pas l'excitation. Un chien motivé garde son self-control. Un chien excité est hors de contrôle et est donc improductif. Il peut même développer des stéréotypies.

Je dois dire que le challenge est difficile. Gérer la motivation tout en proposant des contraintes est très délicat et nécessite beaucoup de tact de la part du conducteur et une très bonne lecture de son chien.

 Conclu10380739-the-real-dog-whisperersion: "3 choses essentielles: feeling, timing, équilibre" - R.H.

Je vous remercie déjà d'avoir lu jusqu'ici et j'espère que vous ne m'en voudrez pas de ce petit parallèle entre l'équine et la canine (j'aurais même pu le faire avec l'humaine, mais ça il parait que c'est un peu tabou !)... Mais après tout, on reste dans le domaine de l'éducatif, non?

Pour conclure, je dirai que ce qui reste le plus important, c'est le BON SENS, c'est-à-dire faire son possible pour que vous soyez plus important que tout le reste pour votre chien (fixer le chien), ensuite il faut être cohérent ("équilibre", autant dans les récompenses que dans les sanctions), il faut savoir lire son chien (feeling) et réagir à propos, quand il faut, ni trop avant, ni trop après (timing). Enfin, il faut s'adapter au moment présent, à ce que vous êtes aujourd'hui avec vos connaissances de l'instant, au chien auquel vous vous adressez. Il n'y a pas de méthodes, il y a ce qu'on veut obtenir (la finalité de l'exercice) et les différents moyens d'y arriver (entrainements)

Pour finir, je citerai Paulo Coehlo, romancier brésilien dans Maktub:

Tous les chemins mènent au même endroit.
Mais choisissez le vôtre, et allez jusqu'au bout.
N'essayez pas de parcourir tous les chemins.



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